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En quoi la méditation est-elle un acte d'amitié envers soi ?

La plupart d'entre nous pensons – parfois très subtilement – que la méditation va nous améliorer.

Cette idée repose sur une forme d'agression contre soi.

« Ah si seulement je n'étais pas comme ceci ou cela alors, et seulement alors, je pourrais m'accepter ».

Ne voyez-vous pas comme cette attitude est en réalité violente ? Dans la méditation, vous vous ouvrez sans condition à ce que vous êtes au moment présent. Vous vous abstenez de critiquez votre manière de pratiquer comme tout ce qui s'y passe. Autrement dit, pratiquer nécessite une atmosphère de bienveillance inconditionnelle.

Je connais tant de personnes qui se sont engagés dans la pratique depuis de longues années, parfois des décennies, et qui se rendent compte qu'elles n'ont pas pratiqué pour cultiver de la bonté envers eux-mêmes. Au contraire, elles s'y sont engagées de manière quelque peu agressive, comme un devoir.

En un sens, c'est tout à fait normal. Nous adoptons envers la pratique la même approche que nous utilisons pour tout le reste. Et dans tout ce que nous faisons depuis l'enfance, il faut « mieux faire », être plus rapide, plus cohérent, plus clair, plus chaleureux, plus pertinent…

Comme c'est dommage. Soit nous nous imposons quelque chose, soit nous renonçons car c'est trop dur et nous n'en pouvons plus. Mais en réalité, aucune de ces deux attitudes n'est juste.

Voilà la leçon de la méditation.

On tient sans effort, on s'abandonne sans lâcher la dignité de la posture, qui se suffit à elle-même. On a le droit d'être, juste d'être, là, maintenant, exactement tel qu'on est.

N'est-ce pas merveilleux ?

Fabrice Midal Ecole Occidentale de Méditation

Commentaires

Ce que j’ai appris dans cette pratique, c’est qu’il y a quand même une juste discipline à suivre si on veut avoir un certain résultat, mais que l’austérité du méditant dans sa posture – aussi rigide paraisse-t-elle – cache un plaisir inouï de sensation de plénitude. Dans notre culture francophone, on répète facilement qu’il faut "se donner de la peine" quand on veut obtenir quelque chose et cela nous fait peut-être penser au travail, au tripalium et donc à une certaine forme d’esclavage.  Peut-être que dans la culture indienne, on pense plutôt à se donner de la joie quand on médite, ce qui ferait que cela ne devienne plus un fardeau, qui sait ?